Avec le Temps

Avec le Temps
Avec le temps...
Ave
c le temps, va, tout s'en va
On
oublie le visage et l'on oublie la voix
Le
coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps...
Av
ec le temps, va, tout s'en va

L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'
autre qu'on devinait au détour d'un regard
Ent
re les mots, entre les lignes et sous le fard
D
'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

Avec le temps...
Ave
c le temps, va, tout s'en va
m' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
A la Gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le
samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule

Ave
c le temps...
A
vec le temps, va, tout s'en va

L'a
utre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'a
utre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien

Ave
c le temps...
Av
ec le temps, va, tout s'en va
O
n oublie les passions et l'on oublie les voix
Q
ui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne
rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Ave
c le temps...
A
vec le temps, va, tout s'en va

Et
l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et
l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et
l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et
l'on se sent floué par les années perdues
A
lors vraiment
Av
ec le temps on n'aime plus.


L
éo Ferré

# Posté le mardi 11 septembre 2007 19:57

Modifié le mercredi 12 septembre 2007 00:46

J'ai tant rêvé de toi

J'ai tant rêvé de toi
J'ai tant rêvé de toi que tu perds taali.
Es
t-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et
de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?

J
'ai tant vé de toi que mes bras habits
E
n étreignant ton ombre
A
se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence elle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
J
e deviendrais une ombre sans doute.
O
balances sentimentales.

J
'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je mveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
E
t de l'amour et toi, la seule
qu
i compte aujourd'hui pour moi,
J
e pourrais moins toucher ton front
E
t tes vres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J
'ai tant de toi, tant marché, parlé,
C
ouché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fanme
P
armi les fantômes et plus ombre
C
ent fois que l'ombre qui se promène
E
t se pronera algrement
Sur le cadran solaire de ta vie.


Ro
bert Desnos, "Corps et biens".

# Posté le mardi 11 septembre 2007 19:58

Modifié le mercredi 12 septembre 2007 00:46

Orrible!!!

Orrible!!!
Si j'avais su
C
e que t'avais prévu
Je n
e serai pas venue
T
e rejoindre en pleine rue

J'
avais 12 ans et j'étais bête
J'ai
cru que tu étais différent des autres garçons
Q
ue tu m'aimais peut-être
En f
ait, t'étais encore plus con

Au
début, c'était comme dans mes rêves les plus fous
Tu
m'as embrassée dans le cou
T
u voulais qu'on marche un peu
Tu m
'as pris la main, tu semblais si heureux

T
u m'as emmenée un peu à l'écart du monde,
D
ans une petite ruelle toute sombre
Je
m'en suis rendue compte trop tard
Mon rêve allait devenir un cauchemar

Tout à coup, tu n'étais plus le même
T
u m'as plaquée contre le mur, fini les 'je t'aime'
Tu
m'as dit que t'avais envie de moi
Que
je ne pouvais rien contre toi
Tu
m'as tenue contre le mur et tu as serré,
Un
e main sur ma bouche pour m'empêcher de crier
J
e sentais ton souffle rauque dans ma nuque
Tandis que tu m'arrachais ma jupe

Je n
e savais pas quoi faire
Ta main toujours sur ma bouche m'obligeait à me taire
J'e
ssayais de m'échapper
Ma
is tu me tenais avec fermeté

Je
sentais mes jambes fléchir J'ai cru que j'allais mourir
Je
te suppliais du regard
mais c'était sans espoir

Ma jupe
tombée par terre
T
on jean déjà ouvert
J'étais
épouvantée
Mais to
i, tu riais
Tu t'e
s collé contre moi
Il n'y avait plus que ma culotte pour me séparer de toi
A ce mom
ent j'ai prié Dieu de m'évanouir
Pour
ne plus entendre tes soupirs

J'ai r
essenti une douleur atroce
T
u m'avais pénétrée avec force
Tes mai
ns exploraient chaque parcelle de mon être
Je
ne pouvais plus crier, aucun son ne sortait
Tu
prenais ton pied, j'étais ton jouet

Quand ça
ne t'a plus amusé
Tu m'as retournée
Et t'as recommencé
Par derrière, pour changer

J'ai eu encore plus mal
Je
me sentais si sale
Tu m'avais souillée,
Ruiné m
a vie à jamais

Qu
and t'as senti ton plaisir venir
Tu m
'as agenouillée devant toi
T
'as ouvert ma bouche, y enfonçant tes doigts
E
t tu m'y as enfoncé ton dard, sans prévenir

J
'avais envie de vomir
J'avai
s envie de mourir
T'as évacué ton sperme dans ma bouche
Tu m'as
forcé à avaler toute la louche

Auteu
r diam's?
*C'est pas un auteur connue mais ce poème faut la peine d'être lu je trouve que sa montre ce qui se passe ds la vie de tous les jours

pr
is sur larockeuse44

# Posté le mercredi 19 septembre 2007 19:52

Modifié le vendredi 21 septembre 2007 10:02

Il pleure dans mon coeur ...

Il pleure dans mon coeur ...
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
P
our un coeur qui s'ennuie,

Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
D
ans ce coeur qui s'écoeure.
Q
uoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C
'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine!

Paul Verlaine

# Posté le mardi 25 septembre 2007 18:50

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu,
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseau du vent, sourires parfumés,
A
iles couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Ch
asseurs des bruits et sources des couleurs,

Pa
rfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
C
omme le jour pend de l'innocence
Le monde entierpend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

P
aul Eluard

# Posté le mardi 25 septembre 2007 19:05

Modifié le mercredi 26 septembre 2007 00:13