Ciel brouillé

Ciel brouillé
.

On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;
Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)
A
lternativement tendre, rêveur, cruel,
R
éfchit l'indolence et la pâleur du ciel.

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et vois,
Q
ui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,
Quand, agis d'un mal inconnu qui les tord,
Les nerfs trop éveils raillent l'esprit qui dort.

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons
Qu
'allument les soleils des brumeuses saisons...
Com
me tu resplendis, paysage mouillé
Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !

Ô
femme dangereuse, ôduisants climats !
Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,
Et saurai-je tirer de l'implacable hiver
D
es plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?

Charles Baudelaire (1821-1867),

# Posté le mardi 25 septembre 2007 19:31

Modifié le mercredi 26 septembre 2007 00:15

Le chemin de l'amour

Le chemin de l'amour
Amour, mon cher Amour, je te sais près de moi
A
vec ton beau visage.
Si tu changes de nom, d'accent, de coeur et dge,
Ton visage du moins ne me trompera pas.
Les yeux de ton visage, Amour, ont ps de moi
La
clar patiente des étoiles.
De la nuit, de la mer, des îles sans escales,
J
e ne crains rien si tu m'as reconnue.
Mon Amour, de bien loin, pour toi, je suis venue
Peut-être. Et nous irons Dieu sait maintenant ?
Depuis quand cherchais-tu mon ombre évanouie ?
Qu
and t'avais-je perdu ? Dans quelle vie ?
E
t qu'oserait le ciel contre nous maintenant ?
C
hemins
Sabine SICAUD (1913-1928)

# Posté le mardi 25 septembre 2007 19:45

Modifié le samedi 08 décembre 2007 21:36

Que tes yeux clairs, tes yeux d'été

Que tes yeux clairs, tes yeux d'été
Que tes yeux clairs, tes yeux d'été,
Me soient, sur terre,
Les images de la bonté.
Laissons nos âmes embrasées
Revêtir d'or chaque flamme de nos pensées.
Que mes deux mains contre ton coeur
Te soient, sur terre,
Les embmes de la douceur.
Vivons pareils à deux prières éperdues
L'une vers l'autre, à toute heure, tendues.
Que nos baisers sur nos bouches ravies
N
ous soient sur terre
L
es symboles de notre vie.

Emile VERHAEREN (1855-1916)

# Posté le samedi 29 septembre 2007 19:01

Modifié le samedi 29 septembre 2007 23:51

Ô Ttriste, triste était mon âme

Ô Ttriste, triste était mon âme
Ô triste, triste était mon âme
A
cause, à cause d'une femme.
Je ne me suis pas consolé
Bien que mon coeur s'en soit al,
Bien que mon coeur, bien que mon âme
Eussent fui loin de cette femme.
Je ne me suis pas consolé,
B
ien que mon coeur s'en soit allé.
E
t mon coeur, mon coeur trop sensible
D
it à mon âme : Est-il possible,
E
st-il possible, - le fût-il,
Ce fier exil, ce triste exil ?
Mon âme dit à mon coeur : Sais-je,
Moi-me, que nous veut ce piège
D'être présents bien qu'exilés
Encore que loin en allés ?

Paul VERLAINE (1844-1896)

# Posté le samedi 29 septembre 2007 19:08

Modifié le samedi 29 septembre 2007 20:00

Nocturne

Nocturne
Le ciel steint, tout va dormir
Je songe à des choses passées ;
C
'est à la fois peine et plaisir.
La veilleuse du souvenir
S'
allume au fond de mes pensées.
J'
entends des pas, j'entends des voix,
D
es pas furtifs, des voix lointaines
C'est peine et plaisir à la fois.
On dirait le frisson des bois
Su
r le coeur tremblant des fontaines.
Des formes traversent la nuit,
F
ormes noires et formes blanches...
vont-ils et qui les conduit,
C
es passants qui passent sans bruit,
Co
mme la lune entre les branches ?
Le vent d'une ombre m'a frôlé...
F
antôme d'enfant ou de femme ?
Su
r la veilleuse il a soufflé
Q
uelque chose d'inconsolé
S'
est mis à pleurer dans mon âme.

Anatole LE BRAZ (1859-1926)

# Posté le mercredi 10 octobre 2007 18:31

Modifié le jeudi 11 octobre 2007 00:50