Il est trop tard

Il est trop tard
Rappelez-vous ces jours heureux,
O
ù mon coeur crédule et sincère
Vous psenta ses premiers voeux.
Combien alors vous m'étiez chère !
Quels transports ! quel égarement !
J
amais on ne parut si belle
A
ux yeux enchantés d'un amant ;
Jamais un objet infidèle
Ne fut aiplus tendrement.
Le temps sut vous rendre volage ;
L
e temps a su m'en consoler.
Pour jamais j'ai vu s'envoler
Cet amour qui fut votre ouvrage :
Ce
ssez donc de le rappeler.
De mon silence en vain surprise,
Vous semblez revenir à moi ;
V
ous réclamez en vain la foi
Qu
'à la vôtre j'avais promise :
Grâce à votre légèreté,
J
'ai perdu la créduli
Q
ui pouvait seule vous la rendre.
L'on n'est bien trom qu'une fois.
D
e l'illusion, je le vois,
Le bandeau ne peut se reprendre.
Échappé d'un piège menteur,
L'h
abitant ailé du bocage
R
econnaît et fuit l'esclavage
Qu
e lui présente l'oiseleur.

A
uteur : Evariste De Parny

# Posté le dimanche 10 août 2008 19:45

Modifié le dimanche 19 octobre 2008 18:26

Il pleut

Il pleut
Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir.

c'est vous aussi qu'il pleut, merveilleuses rencontres de ma vie. ô gouttelettes !

et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout un univers de villes auriculaires

écoute s'il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique

écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas

Guillaume Apollinaire

# Posté le mercredi 22 octobre 2008 17:06

Modifié le mardi 02 décembre 2008 18:56

Les voyages en train

Les voyages en train
J'crois qu'les histoires d'amour, c'est comme les voyages en train
Et
quand j'vois tous ces voyageurs, parfois j'aimerais en être un
Pourqu
oi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourqu
oi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Les trains démarrent souvent au moment où l'on s'y attend le moins
Et
l'histoire d'amour t'emporte, sous l'½il impuissant des témoins
Les t
émoins c'est tes potes, qui te disent au revoir sur le quai
Ils regar
dent le train s'éloigner, avec un sourire inquiet
Toi au
ssi tu leur fais signe et t'imagines leurs commentaires
Certains pensent que tu t'plantes, et qu't'as pas les pieds sur terre
Chacun y va
d'son pronostic sur la durée du voyage
Po
ur la plupart le train va dérailler dès l'premier orage

Le grand amour change forcément ton comportement
s l'premier jour faut bien choisir ton compartiment
Siège cou
loir ou contre la vitre, il faut trouver la bonne place
Tu choisis
quoi, une love story de première ou d'seconde classe ?

Da
ns les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage
Tu calc
ules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages
Tu t
e sens vivant, tu te sens léger, tu ne vois pas passer l'heure
T'es t
ellement bien que t'as presque envie d'embrasser le contrôleur

Mais
la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bat de l'aile
Toi tu
te dis que tu n'y es pour rien, et que c'est sa faute à elle
Le
ronronnement du train te saoule et chaque virage t'éc½ure
Faut
que tu te lèves, que tu marches, tu vas te dégourdir le c½ur

Et
le train ralentit, c'est déjà la fin de ton histoire
En plus t
'es comme un con, tes potes sont restés à l'autre gare
T
u dis au revoir à celle que t'appelleras désormais ton ex
Dans son ag
enda sur ton nom, elle va passer un coup de Tipp-Ex

C'e
st vrai que les histoires d'amour, c'est comme les voyages en train
Et quand
je vois tous ces voyageurs, parfois j'aimerais en être un
Pou
rquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi t
u crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Pour beauco
up la vie se résume à essayer de monter dans le train
A connaî
tre ce qu'est l'amour et se découvrir plein d'entrain
Pour bea
ucoup l'objectif est d'arriver à la bonne heure
Pour réussir s
on voyage et avoir accès au bonheur

Il est fa
cile de prendre un train, encore faut-il prendre le bon
Moi je
suis monté dans deux, trois rames mais c'était pas le bon wagon
Car les trai
ns sont capricieux et certains sont inaccessibles
Et je ne cro
is pas tout le temps "qu'avec la SNCF, c'est possible"

Il y a
ceux pour qui les trains sont toujours en grève
Et leurs hist
oires d'amour n'existent que dans leurs rêves
Et y a ceux qui foncent dans le premier train, sans faire attention
Mais forcé
ment ils descendront déçus à la prochaine station
Y a celles
qui flippent de s'engager, parce qu'elles sont trop émotives
P
our elles c'est trop risqué, de s'accrocher à la locomotive
Et
y a les aventuriers qu'enchaînent voyage sur voyage
Dès qu'un
e histoire est terminée, ils attaquent une autre page

Moi apr
ès mon seul vrai voyage, j'ai souffert pendant des mois
On s'e
st quitté d'un commun accord, mais elle était plus d'accord que moi
Depuis je
traîne sur le quai, je regarde les trains au départ
Y a des p
ortes qui s'ouvrent, mais dans une gare je me sens à part

Il
paraît que les voyages en train finissent mal en général
Si po
ur toi c'est le cas, accroche-toi et garde le moral
Car une c
hose est certaine : y aura toujours un terminus
Maintenant tu
es prévenu, la prochaine fois tu prendras le bus

Paroles: Gra
nd Corps Malade.

# Posté le dimanche 26 octobre 2008 18:10

Modifié le lundi 27 octobre 2008 18:34

La ronce

La ronce









Pour me plaindre ou m'aimer je ne cherche personne ;
J'ai planté l'arbre amer dont la sève empoisonne.
Je savais, je devais savoir quel fruit affreux
Naît d'une ronce aride au piquant douloureux.
Je saigne. Je me tais. Je regarde sans larmes
Des yeux pour qui mes pleurs auraient de si doux charmes.
Dans le fond de mon coeur je renferme mon sort,
Et mon étonnement, et mes cris, et ma mort.
Oui ! Je veux bien mourir d'une flèche honteuse,
Mais sauvez-moi, mon Dieu ! De la pitié menteuse.
Oh ! La pitié qui ment ! Oh ! Les perfides bras
Valent moins qu'une tombe à l'abri des ingrats.

Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)

# Posté le mercredi 07 novembre 2007 18:18

Modifié le mardi 23 décembre 2008 20:57

L'invitation au voyage

L'invitation au voyage
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
P
our mon esprit ont les charmes
Si mysrieux
D
e tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beau,
L
uxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
P
olis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
L
es plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
L
a splendeur orientale,
T
out y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là,
tout n'est qu'ordre et beauté,
L
uxe, calme et volupté.

V
ois sur ces canaux
Do
rmir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
To
n moindresir
Qu
'ils viennent du bout du monde.
-
Les soleils couchants
Re
vêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

, tout n'est qu'ordre et beauté,
L
uxe, calme et volupté.

Charles BAUDELAIRE

# Posté le lundi 15 décembre 2008 19:29